Le corps conquis

L’espace du corps n’est rien d’autre qu’un morceau du paysage. L’Amiral signe son journal en remerciant la Providence, après ce long voyage…Dieu, la Reine et ses bijoux. En bas, sur les sables des corps nus s’offrent à la vue de la ressemblance. Le sujet cartésien, un siècle avant, s’affirme déjà dans sa prise de possession d’une nature qui renvoie au Paradis, mais aussi aux arbres et aux fruits de Castille. Envie de mordre, la bouche pleine d’or.
Car c’est le corps doré que l’on recherche. Le corps doré que l’on respire… saveur des corps nus, disponibles comme cette terre que l’on viole avec une Croix. En la possède en la pénétrant.
Sous la sueur des mois de traversée, les corps poilus, virils n’hésitent pas à revisiter les amazones et
s’extasient devant des seins bronzés, de la couleur des Canariens…
Car la proie est comprise sous le signe de la ressemblance. Les mots et les choses communiquent et la nouveauté n’est qu’accidentelle et mal comprise.
L’espace du corps est un espace herméneutique, espace de signes, des mots écorchés qui marquent profondément la distance entre les êtres. Yucatán, comprennent les envahisseurs…alors que ceux qui demeurent, les fils de la terre…agressent avec une voix qui vise le départ.
La trahison est donc de mise si les regards sont trompeurs et les mots à double sens. La fête en l’honneur des dieux est baptisée en sang, mais ce n’est pas celle du Christ qui baigne tendrement et fait ressuciter les morts. Non. Les morts sont morts et leur descente à l’enfer récemment connu et compris se fait par morceaux. D’abord une oreille, ensuite les mains….pourquoi pas les bras. Les techniques se raffinent et se perfectionnent pour faire surgir la vérité de ces corps…la vérité qui mène à la richesse. C’est ainsi que l’on importe la torture et que l’on exporte le capital. Métaphore des cinq siècles à venir. Tout comme la liberté et la guillotine qui arrivent dans le même bateau, ici l’Évangile se mêle à la poudre. Allée-retour incessant entre ici et là-bas. Fuite en avant qui arrête pourtant les Autres, loin derrière. Et les corps continuent de s’empiler. Affamés, illetrés, le dos courbé sous le poids du silence.

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~ por latitudesblandas en abril 7, 2010.

Una respuesta to “Le corps conquis”

  1. Luisigno, Qué buen texto, o lo que quiere decir lo mismo, qué buen brete. Abrazus sin fondus

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